Les regroupements artistiques : entre individualisme et corporatisme

Les regroupements artistiques : entre individualisme et corporatisme

Lexemple de la Confrérie des préraphaélites (1848-1853)

 

Historiquement, des peintres aux idéaux connexes se sont fréquemment regroupés pour tenter de faire valoir leur art, parallèlement aux normes conventionnelles dominant dans les académies. L’originalité et les idées novatrices n’étaient pas rejetées d’emblée; l’inventivité individuelle de certains artistes figurait même fréquemment dans les expositions officielles. Cependant, certains regroupements d’artistes audacieux suscitaient une certaine méfiance de la part des établissements artistiques. Par exemple, dans l’Angleterre de l’ère victorienne, un groupe de jeunes peintres a particulièrement bien saisi cette méthode pour sortir de l’ombre. En effet, sept jeunes artistes étaient plus ou moins d’accord avec les institutions en place. Ils se sont regroupés sous le nom de Pre-Raphaelites Brotherhood. Cette idée de confrérie évoquait, au premier abord, l’idée de masculinité, d’union et de culture du secret; l’acronyme confidentiel PRB a d’ailleurs été utilisé comme signature secrète sur les oeuvres ou les portes des logis. Au-delà de ces aspects, les artistes ont tenté de maintenir une ligne directrice commune, avec le désir de faire rayonner l’art et la littérature. Initialement, il s’agissait de s’éloigner des conventions rigides de la Royal Academy (Londres). Ils souhaitaient se tourner vers l’époque médiévale, celle d’avant Raphaël, soit un temps où l’art était plus romantique, libre et expérimental. De cela a découlé une sorte de mythologie de leur travail, créant une analogie nationale avec les chevaliers de la Table ronde. Au-delà de cette croyance, ils ont su créer un réseau assez fort pour faire monter la valeur de leur travail et pour vivre de manière assez fortunée pour l’époque. Bien que le groupe n’ait pas perduré, on peut tout de même le considérer comme une tentative pour créer une entreprise coopérative moderne. Ils ont également apporté des idées avant-gardistes, telles le fait de peindre directement dans la nature, bien avant l’invention de la peinture de plein air ou du mouvement impressionniste. Cependant, le manque de cohésion dans le travail des artistes et l’omniprésence de l’esprit de critique mutuelle au sein même du groupe ont participé à sa dissolution, soit seulement cinq ans après sa création. Ce fait soulève donc la question de la place du travail individuel d’un artiste au sein de ce type de regroupement.

Référence principale: Rosenfield, Jason. « The Pre-Raphaelite ‘otherhood’ and group identity in Victorian Britain » In Artistics Brotherhoods in the Nineteenth Century, ed. Laura Morowitz and William Vaugham, 67-81. Burlignton: Ashgate, 2000.

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Véronique Bibeau, artiste et rédactrice pour NECT’ART

www.veroniquebibeau.com

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