Dans les marais
Les floralies
Mes cocottes

 

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Peu avant le début de la pandémie, ma mère perd rapidement ses capacités motrices et physiques, l’obligeant à quitter son bel appartement, à perdre son autonomie.  À partir de là, je deviendrais ses jambes, ses bras, sa volonté, sa force… et à la toute fin, sa voix…
Chacune des 12 photos présentées dans cette exposition marque, à tour de rôle, une étape du processus des deuils inévitables qui conduit à la fin de vie jusqu’au : « Grand Départ » …
Les titres choisis pour nommer mes photos le sont en fonction des différents moments vécus par nous deux, que ce soit « L’éclatement » intérieur qui s’opère à l’annonce de cette cruelle maladie qu’est la SLA (Maladie de Lou Gering), rendant la personne atteinte prisonnière de son propre corps tout en conservant intacte toute sa conscience, son intelligence, sa lucidité.  Éprouver la sensation de « Plonger en eaux troubles », à force de voir, de vivre, de réaliser et de constater au fil des jours toutes ses « Brisures » subies.  Aucun retour en arrière possible et l’unique choix est de « Suivre le courant » et de tout faire pour animer la vie et remplir le cœur de la personne aimée en lui prodiguant « Des milliers de petits soins », et ainsi de suite…
Malgré les difficultés rencontrées et la noirceur qui teintait le tout, nous avons vécu des moments d’une grande beauté, baignés dans une belle lumière apaisante. Oui, période sombre et éprouvante, mais aussi remplie de bienveillance, de gestes d’une grande générosité, de bonté, de sensibilité, de complicité, d’attentions de toutes sortes et surtout de la noblesse de l’Amour… C’est ce que je désire vous montrer à travers mes photos, car elles sont à la fois lumineuses, vives et colorées, mon hymne à la vie et aux passages obligés.
Mes photos ont toutes été réalisées à partir de mon fidèle IPhone, outil précieux facilement transportable.  En plus de me servir à faire entrer la vie dans la chambre de ma mère,  avec celui-ci,  je pouvais aisément prendre quelques photos lorsque je portais mon attention sur la nature environnante, ce qui me permettait ensuite, lors de mes retours de visites en CHSLD, de plonger sur ce minuscule écran lumineux afin de faire le vide… de créer… d’habiter l’instant présent, de me sortir de moi… et d’ainsi oublier ces longs confinements, ces mesures sanitaires, ces odeurs, ce manque de personnel, et tout ça.  C’est fou à quel point en réduisant le champ de vision on maximise la concentration, bienfaisante…
Grâce à cette passion pour la photo, et à l’immense sentiment d’amour que je porte à ma mère, j’ai pu tenir le coup… garder la tête hors de l’eau, tenir ma promesse, j’ai réussi à me tenir debout et d’être là, à ses côtés, jusqu’à la toute fin, et à « Passer à travers, pour ma mère… ».   

Je souhaite acheter une oeuvre de Claire Cossette

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