POÈT’ART – NECT’ART – Février 2015

Nous invitons les poètes à nous partager leurs textes poétiques en s’inspirant de la thématique : Soleil d’hiver. Nous remercions les poètes de leur participation. Veuillez nous envoyer vos textes par courriel. Les textes sont soumis à une sélection.


Soirées de poésie à Montréal
Pour informations, veuillez contacter Éric Roger : productionssolovox@hotmail.com

 

Voici quelques poètes qui nous partagent leur plume :

 

Soleil d’hiver

 

Notre amour

Est né sous le soleil du printemps

Ton baisé fit éclore

Tous les doux parfums de fleur

La chaleur de nos rencontres

Sous la pulsion de nos corps

Faisait vibrer nos âmes

Tel un soleil d’été

Malgré les rayons

Qui en émanaient l’éclat

Voilant ainsi l’évidence

Du soleil d’automne

Qui

Bien malgré l’amour

Se levait tout doucement

Pour en interdire les saisons

L’écho des sans son

Jouant de son néant

Laissant le temps

Figer en son temps

Malgré l’amour rayonnant

Qui avait enfreint les instants

Du glacial Soleil d’hiver

 

© Murielle Gallant

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Les soleils

 

Je me roulais nu dans un champ de tournesols

Pour ainsi capturer l’essence de la vie,

M’abreuver des racines, prendre pied dans le sol…

 

Puis lever la tête, le regard ébloui,

Tout comme le tournesol recherche le soleil ;

Puiser du ciel et de la terre une énergie…

 

Laisser mon corps aller dans ce champ de merveilles,

Les pieds dans la terre, mon cœur pouvait voguer ;

Enlacer dans mes bras les chaleureux soleils…

 

Je me roulais nu dans un champ où je naissais,

Mon souffle était calme et mon âme paisible ;

Buvant ainsi la vie, enfin je grandissais.

 

© Alain MOUS

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Le banc de Parc

 

Je suis revenu comme à chaque anniversaire

Te retrouver ici sur ce banc

Celui face à l’étang

Celui qui est peinturé en vert

 

J’y avais gravé ton nom et dessiné une fleur

J’ai ajouté le mien

Tous les deux prisonniers dans un cœur

qui nous unissait si bien

 

D’autres avec le temps

Se sont rajoutées

Mais c’est le seul encore présent

À ne pas avoir été détérioré

 

Un tapis de couleurs

Entoure notre banc

Et tu es là, éblouissante comme une fleur

Éclose du printemps

 

Un halo de lumières

T’entoure et m’invite

Dieu encore une fois exauce mes prières

Comme à chaque fois mon cœur palpite

 

Comme tu es belle ma douce

Comme au premier jour

Comme tu es belle ma douce

Encore à ce jour

 

Je sens encore ton parfum

Que je respire comme pour la première fois

Il m’unit à toi pour que nous ne faisons qu’un

Il m’enivre et me transporte dans un passé qui est si présent pour moi

 

Je revis en quelques instants

Notre jeunesse disparue

Dans ce parc et sur ce banc

Où nous nous étions connus

 

Mes yeux s’assèchent d’une peine jamais oubliée

D’une brisure

Qui ne s’est jamais ressoudée

Par un une mort jamais acceptée

Dans un an, je reviendrai

Sur ce même banc de parc où je suis

Te dire comment je t’aurais aimée

Si la vie de toi n’était jamais partie

 

Le halo de lumière disparait déjà

Et il t’apporte avec lui

Je sens ta main glisser de mes doigts

Je sens mon cœur se briser aussi

 

Tu me quittes une autre fois

Tu retournes dans mes souvenances

Que je garderais au fond de moi

À l’an prochain mon ange
© Pouce Blanc (Richard Lemire)

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Soleil d’hiver 

 

Janvier, Rio de Janeiro,

six heures du mat, la bonne heure,

soleil éclatant, il fait chaud.

À l’abri en nuisette, elle profite de la fraîcheur.

 

Avocate d’affaires à succès, elle parcourt le globe.

Aujourd’hui elle prend l’air, direction Montréal.

Elle s’empresse d’empaqueter, sans oublier sa robe,

et les dessous gracieux dont son homme se régale.

 

Au menu, histoire d’arnaques,

puis plus charnel, fin d’ semaine

en amoureux. La laque

de leur idylle sereine, promesse sensationnelle.

 

Dans l’avion, près du hublot,

elle contemple à la lueur

du crépuscule, les signaux

des lucioles, barges de pêcheurs glissant sur l’eau.

 

Les méandres du Saint Laurent

offrent en journée un décor différent.

En cette saison, disque d’or rasant

avec pour thème bleu et blanc.

 

© Himmel Robe, 2015

himmel.robe@gmail.com 

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Mon ardente rédemption

 

Escortée, j’erre et je m’expose

D’ordinaire, cloitrée sous un amoncellement de regrets

Suspendue jusqu’à la promesse d’une renaissance

Ou alors fuyant dans l’autre part.

Celui où il n’est pas, le géant infernal

Étendu et pesant sur moi de son être impétueux.

 

Heureusement qu’il  rivalise, l’autre

Mon rempart, mécène généreux

Il m’éclaire et je m’en délecte

Me laissant entrevoir les possibilités.

Doux ou brusque sur un mince rayon de ma peau offerte

Je rêve à son exquise, caresse ailleurs.

 

Et c’est alors que je cesse de combattre le monstre

De le fuir en des lieux adulateurs

Car il est là, lui, l’attrayant et le hasardeux

M’attendrissant vers le blanc dominateur.

Mon adjuvant, mon refuge

Sans lui ne règnent que rudesse et dépouillement, vents et austérité.

 

J’ose m’en repaître, quand il sort de son antre impénétrable

Ma haine se distend. Espoir d’amour, infime, mais existant

Grâce à cet ostensoir, une chaude rédemption.

Amant déserteur, si tu pars, m’abonnant à sa chair glaciale, je m’éteins

Errant,  je me perds

Ou me transforme en pures intempéries.

 

© Marjorie D. Lafond

Auteure chez les Éditeurs Réunis et enseignante en français

 

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Desperado naturalisé étranger

cowboy de l’arctique à la chasse aux aurores

Le gibier est sous réserve ou déjà empaqueté

Le gel

une reliure pour l’éviscéré

jusqu’au passage de l’ours

qui sait apprécier

la grande littérature

Par avion

des ski-doos et des poulets congelés

des soins, des formulaires, des institutrices

et parfois de la contrebande

Parler du froid

des peuples conquis

des terres appropriées

et des droits de vivre sous-traités….

Du folklore pour les autres déracinés

tranquilles d’une révolution

et de faits télévisuels apatrides

Comme un désert miné, une toundra filmée,

des amours de banlieues dans un poème étranglé

un autre monde est possible

 

© Patrick Dubé

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on est là

devant ce blanc qui recouvre toute chose

on voudrait pour soi

cette blancheur qui efface la grisaille

et promet l’enfance

 

on se souvient

de la joie emmitouflée

des origines

quand une première neige

à elle seule

savait faire naître la joie

 

on voudrait remonter les traces

dans la blancheur

y retrouver le pas de l’enfant

qui riait dans le soleil d’hiver

 

© Sylvie Poisson, poète

A publié aux Écrits d’à Côté en 2013 un recueil intitulé Les clartés offertes.

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