POÈT’ART – NECT’ART – Avril 2014

Dans cette rubrique, nous invitons les poètes à nous partager leurs textes poétiques en s’inspirant de la thématique en cours, ce mois-ci : LES MOTS DU COEUR. Nous remercions les poètes de leur participation.

Pour ceux et celles qui désirent nous envoyer leurs textes, veuillez nous écrire : info@galeriemptresart.com

NB : Les textes sont soumis à une sélection.


Soirées de poésie à Montréal
Pour informations, veuillez contacter Éric Roger : productionssolovox@hotmail.com

 

LE TEMPS DE S’AIMER  |  Par Josiane L. Perreault

Mon silence se couvre

D’une ombre ambrée

Instaurée dans l’horizon

Où les non-dits se cachent

L’envie perdure

L’impossible se brise

J’avance à pas feutrés

La coupe à blanc est terminée

Charmée irréversible

Amoureuse à contre-vents

Marée haute déchaînée

Marée basse évaporée

Contrôle abandonné

Mes silences dans ton regard

Les mots que je garde

Effrayante réalité

Dans tes caresses dictées

Désir endimanché

Bestiale attraction

Dans mes silences en marionnette

Tes douces passions

En rage d’exquis

Qui effritent la nuit

Sous mes silences qui te parlent

Mon regard sur nos fusions

Le temps qui se suspend

L’instant de s’aimer

© Josiane L. Perreault

josyane.25@hotmail.com

 

…QUE DES PASSAGERS  |  Par Philippe Bonnaire

Nous sommes d’ici et d’ailleurs

Nous ne sommes que des passagers

Perdus dans cette immensité d’incompréhension

À la recherche de notre moi

Éternelle question de savoir qui sommes nous ?

Confrontés à des multiples réponses

Le choix nous semble si difficile

Il faut faire appel à la foi

Pour se donner une bonne raison

Oh est-ce bien suffisant ?

Nous ne faisons qu’exister dans un monde

Où la tolérance, le pardon

N’ont plus de valeurs à nos yeux

Nous ne sommes que des passagers

Nous ne faisons que voyager, voyager

À travers le temps fragilisé par nos actes

Dont toutes les démences ne furent qu’un pacte

Est-ce que le fait de vivre pour vivre suffit à vivre

Sans chercher à connaitre nos différences

Nous sommes d’ici et d’ailleurs

Nous ne sommes que des passagers

Auteur : Philippe Bonnaire |  ph.bonnaire@orange.fr

Texte extrait de l’album HARMONIA «le prix de nos actes» 1994

Copyright 1994

 

CISAILLE  |   Par Jérôme Gaudreault

Dame aux lys, ton doux regard embrase mon cœur
Ravir un touché au-delà d’une corolle
Tout au long de son corps et écarter sa peur
Pouvoir raconter l’amour sans paraboles

Tous les matins elle m’offre une larme chaude
Dévoilant tout le bonheur d’être si aimée
Bourreau maternel chaque jour avant la fauche
Caresse et arrose ses jambes affamées

Épanouis par nos tumultueux ébats
Tu abandonnes cette fragile beauté
Pour que j’offre ta fraîche fleur tout en éclat
À la femme qui pardonne mes cruautés

© Jérôme Gaudreault | www.JeromeGoPoesie.ca

 

CREUSE LES MOTS DU COEUR |  Par Jean-Charles Paillet

Jusqu’à la vérité
Arrache les paroles à la nuit
Brise tout enfermement
Délie ta langue farouchement

Le présent est tien

Marche au son de ta voix
Avec un peu de terre et de ciel
Embrase confiant le chemin

Vers cet ailleurs
Dont le nom t’échappe encore
Tu reconnaîtras son visage

Il t’attend

© Jean-Charles Paillet | jcpaillet9@yahoo.fr

 

TISSUS DE MENSONGES | Par Alice Bergeron

Les pires mensonges

C’est à moi que je les murmure

Fragments élimés

Unis par des raccords qui jurent

Ces rapprochements de vérités floues

N’existent vraiment

Que parce que je les couds

 

Je surpique mes songes

De gros fils blancs

Qui tissent des vœux pieux

En vains raccommodements

J’y ajoute des froufrous

Que j’orne de guipures

Aux motifs de brocarts effilochés

 

Est-ce pour moi que je couds

Des coupons dépareillés

Unis par des serrements

Qui se jurent vérité

Malgré les jonctions floues

Et les bouts rabibochés?

 

Cousette mal aguerrie

Je pique, puis faufile

Nos étoffes fatiguées

Aux rebords défaits

D’amours déçus

Réunies en mosaïque

Par nos silences qui s’y mentaient

 

Je me suis battue à plates coutures

Au lieu d’en découdre

Avec cette nostalgie

De nos chaos si légers

Passepoils de velours

Œillades paisley

Baisers mousseline

 

J’ai voulu t’offrir

L’ourlet de mes lèvres

Réunir d’ébauches

Nos liens incertains

Pour en faire des courtepointes

Où nos corps moites et lassés

Se blottiraient au creux des mêmes rêves

 

Mais tu n’avais pas l’étoffe de l’amour

Tu as sorti ton coupe-fils

Défait mes coutures

Écorché tous mes plis

Abîmé mon cœur

Encore et encore

Aux arêtes du rocher

Imprenable qu’est le tien

© Alice Bergeron, mars 2014

niceberg_333@hotmail.com

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