POÈT’ART – NECT’ART – Août 2014

Dans cette rubrique, nous invitons les poètes à nous partager leurs textes poétiques en s’inspirant de la thématique en cours, ce mois-ci : LES MOTS DU COEUR. Nous remercions les poètes de leur participation.

Pour ceux et celles qui désirent nous envoyer leurs textes, veuillez nous écrire : info@galeriemptresart.com

NB : Les textes sont soumis à une sélection.

Soirées de poésie à Montréal
Pour informations, veuillez contacter Éric Roger : productionssolovox@hotmail.com

 

Voici quelques poètes qui nous partagent leur plume :

 

Un peu de réalisme s’impose parfois (Gilles Carle) |  Par Mélanie Poirier

Quand la poésie épouse l’art – Illusions décolorées p. 40


Tu me panses
Exquise, tu es
Vers toi, je vais
Dans mes rêves
Entre la trêve
Et le désir,
Je papille
Tu m’attires
Sur la frontière
De nos vingt ans,
Je m’acoquine encore
De toi, pour toi et
Demain, je voudrai
Encore… un baiser
De toi
© MÉLANIE POIRIER

 

LE SIÈGE  |  Par Luc Lavoie

Asseyons-nous au grand dam du midi angélus

Le siège sied seul sur le sol

Fermons les yeux et baignons-nous de l’eau lumière sur les vastes océans prairies quand ceux-ci coulent et que la source aveuglant le jour de son éclair rejaillit sur les chemins destinés

Ces souffles qui se perdent dans les gerbes des blé sont telles les caresses chaudes du vent

Des bouquets de trilles à nos visages

Marchons du dedans au bien-être des éclats du repos où les fleurs parfois naissent de l’aride

Main dans la main réunis

Vers la plaine voile dans le lointain

Nos îles mortes illusions rejetées vers l’aube rescapée

Légers soyons pareils les feuilles filtrant les lueurs de la beauté aux grands arbres arches ployées au-dessus de nos pas

Ces longs bras comme le ressac ramènent les naufragés du ciel ici-bas

Aux dalles des passages d’espérance serpentent nos âmes frêles d’enfants innocents

Aux foulées décisives des grandes migrations aériennes du silence passager

Aux oiseaux glorieux des champs songeurs aux envols éclairés de fruits suaves et de ciel nu

Sentiers secrets empruntés en miroir sur les flaques d’eau aux reflets de la geste des soleils en taches à vos pinceaux

Manet

Degas

Renoir

Cézanne

Monet

Nos sommeils lumineux des chemins prometteurs entre deux escales à la croisée des tableaux rêvés

Au départ des mouvements des bateaux qui portent à gué notre esprit qui s’égare encore un peu

Ailleurs

Là où l’envie à l’aventure enjambe le pont à l’autre rive

Envers… et contre tous

Débordants de visions dans la lumière nous renaîtrons à la traversée de la vie

Lorsque siégeant sur ce siège seul sur le sol nous entrouvrirons à nouveau les yeux

Conscients d’êtres libres enfin

Ou bien enchaînés à jamais

© Luc Lavoie, poète

© Steve Harrison, photographe

 

Toile d’un soir synthèse |  Par Gaston Nadeau
Sur tes cheveux, j’applique le bleu.
J’étoile en blanc le bord des yeux.
Épaules et cou, presque lilas ;
En rouge tes seins, vert pâle tes bras.
Jusqu’à tes hanches, j’étends du mauve.
Pour ta dentelle, un peu de rose…

C’est un Renoir qui te ressemble
Quand je t’invente la peau d’un soir ;
C’est un Renoir qui te ressemble
Quand je t’invente pour mieux te voir.

Étreint de vert contre tes lèvres,
Un ciel remplit mes yeux de rêves.
Tu te redresses, lilas en fleur,
Tu dis «Je t’aime», et moi j’en pleure…
Mes mains du rouge descendent au mauve.
Je tiens ton corps. Tu danses le rose.

C’est un jardin qui te ressemble
Quand ta vie flambe entre mes mains ;
C’est un jardin qui te ressemble
Quand ta vie flambe jusqu’au matin.

Au bleu figé sur l’oreiller,
Répond le vert des draps froissés.
J’ai du lilas au bout des doigts,
Et sur mes joues le rouge est froid.
Au fond du bain, une trace de mauve…
S’éteint ma toile, s’habille ma rose.

C’est un bazar qui me ressemble
Quand le jour tremble sur ses amarres ;
C’est un bazar qui me ressemble
Quand le jour tremble sur ton départ.

© Gaston Nadeau

 

 

OBSESSION |  Mannuella Iseni

 

Partie vers d’autres horizons,
M’éloigner des tourbillons,
Me libérer des pressions,
Pour ne pas perdre la raison.

Tenter de me reconstruire,
Effacer de ma mémoire,
Jusqu’au moindre des souvenirs,
Ces images qui font souffrir.

Sans raison, dans mes bagages,
J’ai emporté ton visage
Qui me poursuit tel un mirage
Et me ramène aux rivages.

Alors que justement c’est toi
Que je fuis. Mais où que je sois,
Partout, c’est ton portrait que je vois.
Rien n’y fait … tu es présent en moi!

Tu ne quittes point mes pensées,
Dans mes nuits, tu viens me hanter
Tandis que depuis des années,
Je n’arrivais plus à rêver.

Comment décrire cet état:
Quand les sentiments sont bien là
Mais que par-dessus cela
C’est la crainte qui prend le pas?

Faute de cran ou par pudeur,
Les mots sont restés dans mon cœur
Verrouillant la porte au bonheur.
Depuis lors tout n’est que malheur.
© Mannuella Iseni

 

Par Pierre Dozois

Ton sourire étoilé, porteur d’espérance,

Se pose dans mon étable intérieure la vivifiant comme une crèche ardente.

Nous naviguons dans l’écume de nos silences proverbiaux.

Oh regards complices, regards de suavité, volupté chaste mise à nue.

Protubérance de mon engouement dans la filée des jours baignés de tes ablutions.

© Pierre Dozois

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