POÈT’ART – Décembre 2015

Nous remercions tous les poètes qui ont contribué à cette édition de POÈT’ART. Ceux-ci ont relevé le défi d’écrire un poème en s’inspirant de la thématique La couleur du temps.

LOGO - SOLOVOX2010

SOLOVOX est une soirée de poésie, musique et littérature créée et animée par Éric Roger. Depuis 13 ans, il sait nous livrer les textes les plus puissants dans le domaine. Tout cela avec des invités de renom, des artistes émergents et un micro ouvert, car tout le monde a sa place à cette soirée.

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L’enfant que j’étais

 

L’enfant que j’étais
S’est perdue dans le labyrinthe du temps.
Elle a couché ses rêves
Sur ses pages blanches d’écolière
Et les a bercés
À l’heure où les étoiles viennent chanter.
Mais la vie a brûlé ses cahiers.

 

L’enfant que j’étais
A laissé ses poupées sur des chemins de pierre
Où la pluie a délavé leurs beaux yeux.

L’enfant que j’étais
Est tombée si souvent
Qu’elle connait le goût de la terre.

 

L’enfant que j’étais
Se croyait plus forte que le temps.
Elle pensait rester toujours jeune…
Des fils de lune ont blanchi ses cheveux.
Elle voyait son grand-père éternel,
Mais la mort l’a emporté
Comme dans ses pires cauchemars.

 

Après bien des errances,
L’enfant que j’étais
A trouvé son Prince.
Il l’attendait à l’horizon de son avenir
Pour faire de ses jours un arc-en-ciel.
L’enfant que j’étais
A alors su que les contes de fées existaient!
Il suffisait juste d’y croire.

 

L’enfant que j’étais
Demeure à jamais
Dans la femme que je suis devenue…

 

© Dominique Montaulard / C  : dmontaulard@yahoo.fr

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Coloration existentielle

 

Tiraillé au sein d’un présent fuyant

Entre deux courses folles

Le tableau d’une vie

Rosé de mémoires

Bleuté de désillusions

 

En fresque vibrante, des veilles lointaines

Éclaboussées sur une actualité imposée

Aux matinées rieuses ou boudeuses

Aux nuits austères ou illuminées

Convoitant un lendemain au paysage vaporeux

 

Un soupçon de sarcelles dans l’atmosphère

Sous le ciel d’un cartel aux tons monotones

L’écarlate pour quelques instants survoltés

Âmes et sentiments jaillissant par milliers

Au travers de son dessin sinueux

 

Des amours en variété

Ce qui reste dans les cieux

En attendant la saison des oublis

Une aquarelle étendue

En un style unique et mémorable

 

© Marjorie Dumoulin-Lafond / C : marjo_d_l@hotmail.com

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TEMPEAU

 

Tu dégoulines mollement entre mes cils noirs comme les heures jaune-miel de novembre fascinant.
Fatigué de l’été passé à rayonner entre le bleu azur et le noir zébré d’orages,
Tu gis au sol sur le magma végétal rouge orangé
Ramassé autour de l’ombre de mes pieds,
Tu y ronronnes atone…

Impétueux prétentieux,
N’as-tu souvenir de l’hiver blanc ?
Il t’attend, transparent,
Prêt à givrer de gris tes minutes,
À glacer d’acier bleu tes interstices aux battements fiévreux.

Tu imploreras le rose pâle des bourgeons, le jaune tendre des mimosas,
Pour que tu te déroules jusque-là encore une fois,
Perçant la brume lourde et opaque dans ta course vers les rives verdâtres,
Tu surgiras, revenant rosacé, de ton linceul blanc.

Tu es bleu de peur,
Tu me colles à la peau palot,
Sans moi à te contempler au beau milieu de ce décor coloré, tu serais quoi ?

Géant muet,
Achromatique Chronos,
J’arrêterai un jour de compter de mes paupières beiges tes instants.
Et tu disparaitras avec moi,
En même temps que je t’avouerai dans mon dernier souffle rouge-sang
Comme je t’aime…
Toi, mon insouciant,
Mon plus fidèle et cruel amant.

 

© Nathalie Martinez / C : natlili.martinez@gmail.com

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Il faut parfois du temps

 

On a le droit de parler de ses peines

D’expulser les maux qui nous gênent

Ancrés au plus profond de soi

Par des larmes parfois

Ce n’est pas de la faiblesse

Juste une grande tristesse

Que l’on doit exorciser

Sans être jugé

Arracher de son cœur

Toutes nos douleurs

Ces maux insupportables

Qui ne sont pas palpables

Chasser ces émotions de notre âme

Qui nous donnent le vague à l’âme

Les peines sont inévitables

Souvent même insupportables

Les souvenirs sont si rebelles

Quand ils nous interpellent

La moindre fragilité

Nous fait repartir dans le passé

Le temps est notre seul ami

Voire notre ennemi…

Quand notre coeur est en sursis…

Comme mort, détruit communément avec l’âme

Des questions, beaucoup de dissidence

Pourquoi, pourquoi maintenant…

Un livre que je voulais fermer qui ne cesse de vouloir s’ouvrir !

Le temps n’est pas notre allié, mais il ne cesse de nous rappeler à l’ordre

Ceci est plus que de la torture physique ou psychologique…

Il nous rappelle sans cesse qui nous sommes réellement

Qui sait, un être exceptionnel, mais fou à la fois

Comment ceci est-il supportable pour soi comme pour autrui

Alors que notre seul désir

C’est de fermer ce livre pour en ouvrir un délice

 

© Isabelle Frizon / C : christophe.lusnia@sfr.fr

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Les couleurs de ma vie

Au cours des années
Ma vie s’est teintée
De plusieurs couleurs
Avec des petits bonheurs

Parfois je vois la vie en Rouge
C’est intense, et soudain tout bouge
À certains moments, je ne distingue que le Blanc
Mais c’est ennuyant, et cela manque d’agrément

Le Jaune vient ensoleiller mes journées
Et c’est agréable de le voir briller
Subitement, je broie du Noir
Et c’est le désespoir

Certains jours deviennent tout Gris
Et voilà que s’installe la mélancolie
Mais dès que j’entrevois la vie en Bleu
Alors là, je coule des jours heureux

La couleur Turquoise est l’une de mes préférées
Et quand j’en porte, je me sens belle et énergisée
Tout à coup apparaît l’Orange
Toutes mes émotions se mélangent

Le Corail me remplit de confiance
Et me redonne toute mon assurance
Mais le Brun signifie monotonie
Donc je remets du piquant dans ma vie

Lorsque la couleur passe aux Roses
Pas de doute; c’est l’apothéose
Et finalement quand cela devient Vert
Je crois être maître de mon univers

Voilà l’arc-en-ciel de ma vie

© linda david / C: l_david40@yahoo.ca / Extrait du livre Les couleurs de ma vie

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Lorsque l’automne et ses douces couleurs nous ont appelés
Le paysage petit à petit s’est tout simplement transformé
Du vert nous sommes passés au rouge orangé
Et les feuilles petit à petit sont tombées

C’est lors de cette saison que je t’ai rencontré
Comme pour les nuances multiples des arbres, je me suis enflammée
J’ai cru que pour toujours et à l’infini nous allions continuer
Et j’ai appris à tout simplement être libre et à t’aimer

Lorsque l’hiver de son doux manteau est enfin apparu
Que le paysage s’est métamorphosé et qu’il a disparu
Nous ne pouvions voir qu’un horizon magnifiquement blanc
Qui me laisse souvent penser comme une enfant

Au cours de cette saison nous nous sommes beaucoup rapprochés
Avec le froid nos corps nous avons naturellement réchauffé
Des projets dans la tête et un amour tellement passionné
Mais je sais que la passion comme la neige, à un moment, ça disparaît

Lorsque le printemps pointe le bout de son nez
Le paysage reprend le dessus et nous pouvons commencer
À regarder les bourgeons qui vont nous apporter
Les coloris de l’arc-en-ciel vert bleu rouge jaune, et ainsi nous émerveiller

À cette saison nous avons enfin fait plein de projets
Achat de maison, vacances et début d’une vie dont nous avions rêvé
Comme un conte de fées tout au long des saisons
J’ai cru pouvoir avancer, mais j’ai complètement perdu la raison

Lorsque l’été est arrivé et que la chaleur nous a embrassés
Lorsque nos vacances nous avons enfin passé
Paysages magnifiques avec tous ces verts jaunes bleus mélangés
Nous en avons gardé une palette de souvenirs et d’émotions pour l’éternité

À cette saison nous avons aussi compris
Que la passion n’est pas éternelle et que souvent elle finit
Il nous reste un amour que nous garderons à l’infini
Et je sais que dans mon coeur tu resteras pour la vie

Au fil des saisons toutes ces nuances j’ai admiré
Ces paysages si semblables que j’ai immortalisé
Par des photos, des écrits et des souvenirs
Je sais que tout cela je peux enfin les réunir

De cette poésie je voulais vous raconter
Le temps qui passe et qui jamais ne va s’arrêter
Que les saisons sont toutes là pour nous charmer
Et qu’à travers elles nous avancerons avec humilité

© Natacha Guirlinger / C : nguirlinger@yahoo.fr

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LA COULEUR DU TEMPS

Temps 1 : Janvier :

Rose de peau et si douce, au fond de ses yeux. Rose de peau, en joues, en lèvres, en menton audacieux. Rose rosée, sortant du bain, qui fait du bien, aux bleus de l’âme. Rose en beauté qui souligne, élégance et charme, au centième d’un visage qui de côté se penche violette, pensée et pervenche. Serviette en turban, le désir de rougir, aux douces douceurs, des plaisirs, charmeurs et charmants. Mille candeurs dans l’apprêt. Un sentiment, de belle et jolie grandeur.

Un maquillage léger, pour supporter les délices pétales, d’une silhouette rafraîchie. De la féminité et de l’esprit, car il faut avoir de la suite, dans l’idée pour toujours être belle, désirable, vulnérable. Au bleu masculin de la force royale, l’échappée belle, aux bosquets fleuris, des roses de Provence, de l’excellence. Une rose, sans soucis, insouciante et bluffante, au dévolu des miroirs affinant, affriolants qui rendent, encore plus éclatantes et éclairantes, les toutes belles demoiselles en bonheur.

Temps 2 : Février :

L’eau était douce comme ses mains. L’eau était fraîche comme ses sourires de bonheur. L’eau était limpide comme le bleu de ses yeux, heureux, merveilleux. L’eau était vie, au plus parfait, prolongement de l’ennui, dans la douceur vénérable, d’un lit de fleurs couchées, en paradis rêvé, rêveur. À la surface de l’eau, des pétales ouverts en boutons et en oeillets, de couleur rose. On aurait dit les battements, de pieds nageurs, de jolis baigneurs.

On aurait dit des ondes, chaleureuses et endormeuses, de mille diodes lumineuses, en avertisseurs. Des bouchons de pêcheurs. Des attentions, magnanimes et enjôleuses, en offrandes, de toute grâce insaisissable. On aurait dit, un jardin de nénuphars, sortis de nulle part. Un jardin de nymphes, accompagnées de leurs servantes vestales, ensorceleuses. On aurait dit l’amour, en dévotion et en contemplation, pour le bien du cœur. L’amitié d’un simple voyage, vers le bon et le meilleur. Des mains se sont ouvertes, réunies, la paume vers le ciel, pour donner et offrir, en humilité maîtrisée, un morceau de joie, pour un monde meilleur, ailleurs.

Des ondes légères ont bercé l’approche souveraine, d’une nage d’ouverture, chorégraphiée. Un temps de glisse, sur l’eau douce, limpide et parfumée de tant de fleurs, uniformes et en maintien, des plus douces douceurs, scénarisées. Des ombres enveloppantes se sont couchées, empruntées. Des feuilles vertes ont découpé, en contrastes complémentaires, les tons et les touches irisées, de ce bassin fleuri. Mille mercis, contre les soucis. Mille mercis, contre l’ennui. Mille ablutions, en invocation, de sérénités distraites, pour le corps et l’esprit tranquillisé, aussi. Tout était sursis. C’était ma vie, ma simple vie, de poisson-bulle, au milieu de tous ces nectars, sans prix. Que du bonheur !

Temps 3 : Mars :

Dans des mains travaillées, usées par le métier, un corps contrit semble évanoui. Dans des mains taillées au burin, une femme oiseau protégée comme un butin. Un trésor en sanglots. Un corps ramassé, délaissé, cassé, de trop d’efforts ennemis. Un dos nu, en recueillement. Face contre terre, une offrande sans retenue présente, à son Dieu protecteur, sa dévotion. Des doigts âgés, une main rude et rugueuse, d’un autre âge, comme autrefois, la lèpre gagnait les pèlerinages. Un être sage rend son ardent hommage. Chants, louanges, compassions. La femme est une flamme de vie, tenue comme un coeur chaud et chaleureux, en authentique témoignage. La femme, simple petit oiseau, est tenue délicate, en attention, dans son ensemble, dans son entier, en plumage.

Comme on étreint un être de vie, discrètement et en pure timidité, comme on apporte une aide généreuse, spontanée, sans arrière-pensées, un personnage, sous anciennes bandelettes, renaît à la vie et se métamorphose. Il était mort pour quelque chose. Le voilà, Pharaon ou Dieu Osiris, qui renaît pour autre chose. Telle est sa destinée. L’amour emporte toute cause. La passion est une force poignante et empoignante qui dispose. La vie, en survie, se maintient et ose. La vie se poursuit et s’établit, à l’infini, d’une belle prose. Une douleur extrême se porte loin, très loin, dans le lointain, en une belle osmose. Une mélancolie contre la sinistrose. Un sentiment, une émotion qui transperce, qui transporte et qui transcende comme un papillon, en intensité se nécrose, comme une libellule se pose et se repose, comme une grue, une cigogne, un flamand rose.

Temps 4 : Avril :

À la lumière du soir, allongée sur le sable. À la lumière blonde, d’une belle ronde, étendue dans le noir. À la grande pénombre, des flots bleus, merveilleux. À la lumière noire et sombre, des miroirs d’eau que la lune surplombe. Les rêves d’ailleurs bercent nos pensées, les plus folles. Nous aimons tendrement et nous perdons toute force. Nous voudrions aimer plus, encore plus longtemps et nous perdons l’énergie, la force, l’envie et plus encore. Les coeurs doux, les coeurs tendres et solitaires sont seuls au monde, à se transformer comme mondes parallèles, en simples univers. Une perte de confiance, déprime, envie de mystères. Une joie d’être et de ne pas être, le grisant d’une liesse.

Un rire, en éclats merveilleux et voilà que l’histoire retombe, patatras ! et nous sommes seuls, à nous morfondre. Misère de misère, au soleil de minuit. Mystères de grandes misères, aux lunes évanouies. Les nuées passent comme tourments, avantageux. Les noires pensées fusent comme des idées noires et sombres, dans l’au-delà, d’une grande pénombre et le monde est monde, au féminin audacieux, des lendemains. Demain sera un autre jour ! Profitons de l’instant présent, au romantique, des temps poétiques qui nous restent, à vivre. Comprenons le passé, certes, mais prenons la vie telle qu’elle vient malgré nos humeurs, nos problèmes de santé, nos ailleurs, nos mélancolies, nos rancoeurs contre l’adversité, sans animosité. Carpe Diem !

Temps 5 : Mai :

Un visage charmeur. Un visage maquillé, de près, investit les modes rêveurs, des chemins du paradis. Les belles se cachent derrière des fards à joues, des artifices tendres et doux, des plumes en plumets, en esprits rhétoriques, des purs jaloux. Elles envisagent le masculin, dans sa beauté virile. Elles dévisagent, les sentiments sauvages, des forces en présence. Elles scrutent intensément les mouvements, les attitudes, les comportements. Elles écoutent, en passion les sensations, les coeurs moqueurs et farceurs, de l’amour en amitié. Elles devinent, divines, les esprits malins et coquins, des galants subtils et discrets.

Elles gagnent à être connues, derrière les paravents, méticuleux et audacieux, des parfaits inconnus. Elles cherchent et surveillent comme des yeux en chasse, du meilleur et du beau. Des regards, en tous sens. Des regards, en paires d’yeux clairs, authentiques et veilleurs, des secrets élans, des émois troublants, des gens d’ici, des gens d’ailleurs. Comme des oiseaux en basse-cour, des yeux contemplent et paradent. Comme des yeux en haute-cour, des regards perçants dévisagent par essence, au bonheur des sens. Des yeux verts foncent les traits clairs, au pré carré, d’un bel univers. Un oiseau de nuit, de beau et de bon caractère, quitte le monde, en une belle atmosphère.

Temps 6 : Juin :

Un esprit féminin s’échappe. Il vole puissant et s’envole au-delà des rêves vers le paradis. Il se plaît et s’enorgueillit, de mille vitalités, de mille projets, en une belle vie. Des mots en belles paroles ont séduit, ont surpris, ont gagné, le coeur d’une âme grandie, agrandie pure, légère, merveilleuse et jolie. Sortie des champs élyséens, aux champs fleuris rouges, rougeoyants, des couleurs de l’audace et de l’esprit ami, un corps en victoire fait front, de toute part, aux esprits ennemis. Dans cette fulgurance, dans cette projection, dans cette échappée notoire, une belle endormie est ressuscitée, au firmament, des plaisirs de la vie. Les mots ont gagné sur l’émotion. Les mots ont décodé, enchantés et enchanteurs, la beauté parfaite, le bien des mondes, en aventures meilleures et l’esprit a pris, la poudre d’escampette.

L’esprit a gagné sur la pensée. Le corps se transcende, aussi aérien et serein qu’un vol de grues et d’oies sauvages, en migration, vers d’autres horizons, généreux. C’est un nouveau départ, vers de hautes destinées. C’est une renaissance, une résurrection en passion du bonheur d’une vie, d’une belle vie. C’est une force féroce qui déclame l’éloquence de l’envie, de l’abandon, aux courants ouragans, dévastateurs, de l’oubli. C’est un saut galactique, dans l’univers parallèle absolu, des belles mélodies, musicales et mélancoliques, en poésies. C’est la réunion, de quelques vieux papiers qui font du bien et l’on se sent bien. C’est un livre qui désarme et qui s’ouvre, au-dessus de toutes les grandeurs, de toutes les candeurs, à l’infini.

Temps 7 : Juillet :

C’est une femme, à terre, au corps droit, simple et fier. C’est une femme, en buste et en butée, de grand caractère. C’est une silhouette qui, sur ses genoux, explose de mille frayeurs, en esclave des parterres. Tête coiffée, cheveux relevés, un corps nu se défend, de toutes les impostures, sous-entendues. Tête de côté, le sublime, effrayé et rangé, au tiroir des souvenirs d’hier, une sculpture se dévoile, dans la lumière douce et fine, d’une scène éprouvée et dégarnie. Des mains, fines et douces. Des seins pointent, en avant d’une poitrine, fermement arrondis, aux rondeurs discrètes et secrètes, de l’infinie féminité. Un visage magnifiquement saisi, dans la splendeur d’une figure, sans âge. Le pli d’un drapé, relevé de côté, juste pour signifier, la présence d’un tissu léger. La belle est dévêtue, pour un instant d’intimité. Pour un moment, de grande nostalgie. Pour un instant soudain, de l’idée d’apprécier, le beau, en jolis traits, délicats et fournis. Mains reposées, sur des cuisses entrouvertes.

Une posture d’attente, fragile et indolente, aux souvenirs glorieux, des maîtres établis. Des maîtres puissants soumettaient les femmes, belles et rebelles, en vilaines infamies. Les esclaves rêvaient de liberté et elles étaient soumises, aux troupes de mercenaires établies, aux guerriers ennemis, aux vainqueurs et aux conquérants, du bout de la Sibérie, des pistes d’Asie et de Mongolie, des chemins ensoleillés des dunes d’Abyssinie et d’Ethiopie. Les commandes de marbres polis affluaient comme des statues en Italie, aux portes de Rome et du paradis. Les terres glaises étaient sujets, de travaux étonnants, plus travaillées des Gaulois, plus démunis, mais pas moins créatifs. Des oeuvres crues, sauvages, artistiques et poétiques, au plaisir des yeux et de la beauté, sans parti pris. Les Gaulois devenaient Gallianus et se faisaient construire les palais Galliens, Gallianis, en piliers de tutelle réunis.

Temps 8 : Août :

Sur les pages, d’un journal de papier, des mots volent et s’envolent vers une princesse, en son principal univers, établi. Des mots de paix, des mots libres, en liberté. Des mots de souvenirs, de tendresse et de belles caresses. Des mots qui résonnent puissants, en délicatesse. Des paroles volent et virevoltent, sans souffrir, aux sifflements des cuicuis, frivoles et gaillards. Une femme-oiseau, en cage, rêve de passions, en libérations. Elle rêve éveillée, au gré des regards dévolus, étourdis. À genoux, accroupie. Repliée, enfermée, sous les barreaux de prison, de l’enfermement, des tourments et des soucis. Un oiseau hâbleur, un peu moqueur, un peu piailleur. Un buste féminin se dévoile, de côté. Il prend le parti, de tenir tête, en bel oiseau de nuit aux âmes, aux esprits de la nuit, en belle fête, aux esprits endormis. Des jambes dégagées, des talons noirs, en sursis.

Une robe relevée, en forme de plumes dessinées, pour d’autres espoirs du soir, au charme discret, des oiseaux de minuit. Le noir vous va si bien, belle dame, au mépris de la vie en survie, au chagrin des santés déficientes et des maladies. Un oiseau pousse la chansonnette et des petits cris. Cette bergeronnette est un oiseau de compagnie. Il vous dit tout haut, les jours meilleurs à venir par là, par ailleurs, par ici. Votre vie se flétrit, votre coeur se durcit. Votre corps se méfie, de tous les ennuis. Et, vous voilà, à la fois, sereine et belle endurcie, Reine de tous les paradis. Et, vous voilà, infime, au firmament, des mamans, en Amie. Et, vous voilà de surcroît, petite infime au charme, discret et secret, de toutes les fantasques fantaisies, en attendant de lire et de vibrer, aux lectures, fragiles et faciles, des belles sonorités, en mélodies.

Temps 9 : Septembre :

Une tête, sans tête, mais dans la belle atmosphère. Une tête s’entête, mais dans la biosphère. Dame Nature joue les plaisantes, complaisantes armures, en ouverture. Une sincère silhouette austère se laisse occulter pour mieux être auscultée. Un drame se joue et la Terre en est l’enjeu, de caractère. Certains, pourraient s’en glorifier et en être fiers. Des arbres couchés, une nature se dessèche, s’appauvrit et disparaît. Une sensibilité s’évanouit.

Une féminité se fait envahir, déglutir, cannibaliser. Les broussailles sont des fétus de paille et toutes les blessures sont d’extraordinaires failles. L’harmonie se déséquilibre et touche ostensiblement, à nos entrailles. Le monde floral et végétal perd ses nuances prépondérantes. La liberté se fait au détriment de l’humain. L’homme-sapin était sagesse corsée et épicée. Aujourd’hui, Homo Sapiens n’est plus l’ombre que de lui-même. Il fait peur en épouvantail, en habit vert, de canaille.

Temps 10 : Octobre :

Un homme baisse la tête. Un homme, dans la tempête, courbe le dos et baisse la tête. Sur un banc, il s’est assis, épris d’amour et de vies, en survie. Un vieil homme laisse passer l’orage et les blessures d’un vieil âge. Sous le paletot, sous la casquette, il s’accroche à l’espoir d’une vie, dans l’espoir de meilleurs jours, sans soucis. Son coeur, au grand cœur, est un peu romantique et poétique. Son corps, encore et encore, subit les assauts d’une pluie, sous orage. Il chante et fredonne, la vie qui sourit, aux belles et jolies fleurs. Il donne une leçon de survie, à l’amitié, discrète et secrète, d’une jolie fleur, en survie qui lui sourit. Il ne quitte pas des yeux, sa belle qui est pour lui sa chaleur, son feu, sa vie, son étincelle. Il comprend, les faiblesses et les indélicatesses.

Il pense et résonne contre le temps qui tonne, mais il est homme fier et orgueilleux, fier de ses vingt printemps comme un jeune homme vert et sans peurs, notre gaillard. Ses cheveux blancs, sans compromission, sont des aveux de sagesse, à l’orgueil des tourments et des ouragans. Il pourrait venter, pleuvoir de désespoir, il est le vieil homme qui luttera pour elle, sa jolie compagne, sa fleur, son idée du bien et du bon, dans le froid des ouragans. Un homme seul, philosophe, apostrophe. Un homme sage, vaille que vaille, contre toutes les catastrophes. Un homme âgé garde son honneur, dans le malheur limite, limitrophe, d’une existence améliorée, dans l’amour d’une présence qui maintient, en vie comme une poésie, sans égal, en rimes et en strophes.

Temps 11 : Novembre :

Un corps, en aventure, une silhouette troublante, en peinture. Un corps de femme balance, au meilleur d’une belle allure. Des cheveux, en tignasse et en chevelure. Des couleurs sûres, en murmures. Des couleurs mauves et chaleureuses, un peu guimauves, qui chantent légères, la fierté posée, reposée, d’un portrait en ouverture. La pose dispose. Des épaules dévoilées, des seins tenus retenus, au mordant d’une courtoise forfaiture. Un habit, en demi-mesure, prend le rose et le bleu, dans la fêlure, d’une virgule, en accroche, non sans droiture, non sans fermeture. Une tête de côté qui intrigue, en passion dirigée comme une belle monture. La jeunesse pense comme, Rodin le coquin, pouvait penser, quelques fois en blessures, en meurtrissures.

Une femme en féminité donne le ton, d’une simple idée, de pensée pure. À l’aube d’un novembre, auréolé de printemps estivaux, le soleil joue, de tous ses charmes aux encoignures. Les croûtes se font sans salissures. Les toiles se vendent et se décrochent, au gré des expositions. Peut-être, irez-vous voir le licencieux, le correct et l’incorrect, au bout du bout de la censure ? Non loin de l’ascenseur de la gare d’Orsay, là où les dames se faisaient modèles pour peintres, en mal de progénitures, il y a des âmes mûres, en fraises et en framboises, comme de jolis fruits en villégiatures, comme des crèmes glacées sans vergetures, comme de jolis tempéraments en miniatures. C’était le temps où les prostituées connaissaient, le temps d’une toiture, pendant le travail d’un peintre artiste, en sinécures.

Temps 12 : Décembre :

Un cou blanc, audacieux et crémeux. Un coup de dents, incisif, pour croquer la vie, à pleines dents. Des lèvres rouges qui osent et qui craquent, pour du baume, au cœur. Des lèvres mordent en coin, un coeur empreint de bonheur comme une dette de jeu tente sa chance, dans l’univers déséquilibré, d’un jeu en atouts où l’as tient, sa plus belle et sa plus grande place. Un coup, magique et dynamique, hélas ! Un coup, bienfaiteur et tempérant, qui met à mal, les principes, d’une rencontre hasardeuse, mais avec grâce. Les cartes sont tirées, faciles, efficaces. Les jeux sont faits. Chacun sa destinée pour le monde meilleur du grand bonheur, le bonheur passe.

Gagner la vie, en joie de vivre, au bonheur des rois, des dames et des valets tournants, sans menace. Gagner le prix établi, des plaisirs en délices, aux lèvres exquises, d’une belle marquise. Une carte blanche, à l’endroit d’une figure libre. Une carte gagnante et insolente, contre toutes les insultes, du temps présent. Une carte troublante, car la femme est belle en proie, à tous les charmes et autres artifices, des blessures du cœur. Il y a du vice à s’y méprendre, à tout prendre et à comprendre, l’insaisissable valeur enjouée, d’une carte à jouer. Les jeux sont faits, faites vos jeux ! Allez ! beaux messieurs, qui sera l’élu, le galant de ses rêves ? L’amant, l’être aimé, le bien-aimé, à lever et en relevée. La carte majeure de bonne humeur, à saisir la bouche en cœur.

© Marc Herranz / C: marc.herranz@gmail.com

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