BLEUS ÉTHÉRÉS – Hommage au plus grand MAÎTRE d’art du cosmos – CHRONIQU’ART – Décembre 2014

BLEUS ÉTHÉRÉS

Hommage au plus grand MAÎTRE d’art du cosmos

 

Il fait BLEU aujourd’hui.

Un BLEU incommensurable, inestimable, beaucoup plagié, mais jamais égalé. La couleur du ciel et de l’eau, symbole, le spirituel, le divin, l’infini, comme ses étendues et couvre la nature dont les zones d’ombre paraissent de plus en plus BLEUES.

Ce MAÎTRE sérénissime de l’univers dévoile son spectre et évoque la paix, le calme, la volupté sous toutes les formes à ceux qui savent bien l’apprécier.

IL crée sur des grands formats. IL ajoute à sa signature des particularités qui nous font LE reconnaître à tout coup.

Puisqu’il joue dans les dégradés immaculés, on semble voir des personnages dans ses œuvres mondialement exposées au regard de tous.

IL accomplit ses prodiges de coups de pinceau magique et balaie la toile au gré de ses créations pigmentées de BLEU OUTREMER, de LAPIS-LAZULI importé du Moyen-Orient, de BLEU CIEL. Qu’à cela ne tienne! Le MAÎTRE absolu traverse la mémoire des temps. L’espace, la vastitude servent son talent. Les ailes des papillons, les plumes de paon, IL les a immortalisées en BLEU divin.

Dans un élan de beauté pure, IL ose azurer l’onde, fendre la lumière à coup d’INDIGO.

Vous aurez deviné que ce GRAND MAÎTRE est l’ÊTRE SUPRÊME qui a inventé le cosmos pour y déposer sur sa palette son prisme sous forme d’arc-en-ciel.

L’histoire des BLEUS

Le premier pigment BLEU fut découvert par les Égyptiens et obtenu à partir de l’AZURITE, un composite naturel de carbonate de cuivre. Puis, les Romains inventèrent le BLEU d’Alexandrie, formé de cuivre et de poudre à partir du verre coloré. La recette a gagné rapidement le monde mais s’est perdue au cours du Moyen Âge. Au fil du temps, les uns et les autres ont décrypté cette couleur royale en explorant les multiples nuances, facettes ou expressions de BLEU perdues, retrouvées, renouvelées.

Au XVe siècle, réapparaît le SMALT mis au point à partir de verre coloré broyé ajouté au cobalt. Il est vite choisi par les peintres flamands, malgré sa décoloration rapide et la teinte brunâtre qu’il prend dans l’huile.

Le premier pigment synthétique moderne est le BLEU DE PRUSSE, découvert par hasard en 1704, à Berlin. Il est produit par la réaction de la potasse sur le sulfate de fer. Dès 1710, le peintre Antoine Watteau l’utilise dans son tableau de la Mariée du village. Malheureusement, la pérennité du BLEU DE PRUSSE s’effiloche avec le temps.

Un siècle plus tard, Thénard invente le BLEU DE COBALT, employé dès 1806 par Joseph Turner dans son paysage Goring Mill and Church. Vincent van Gogh l’adopte rapidement malgré qu’il soit le plus cher des bleus à la disposition des artistes.

En 1826, Guimet parvient à effectuer une synthèse du BLEU OUTREMER véritable si onéreux, et ce, pour une fraction du prix de l’original.

En 1860, George Rowney met au point le BLEU CÉRÉNIUM à base de cobalt comme celui de Thénard.

Au XXe siècle, l’industrie des colorants produit le BLEU DE PHTALO appelé à ses débuts BLEU MONACAL.

En 1960, l’artiste Klein a breveté un BLEU particulier, très profond, foncé, tirant sur le violet, sous le nom de BLEU DE KLEIN.

Pour toute l’histoire des pigments bleus, voir, entre autres:

. « L’art-chimie : enquête dans le laboratoire des artistes » de Michel de Maule,‎ 2013, p. 124-132.

. »Bleu, Histoire d’une couleur » de Michel Pastoureau, Éditions du Seuil,‎ 2000 (ISBN 2-02-055725-8) ; version illustrée (ISBN 2-02-020475-4)

De nos jours, il existe un projet transfrontalier européen nommé « Au-delà du BLEU ». Il s’agit de la couleur que l’on extrait de la guède et que l’on emploie en teinturerie. Le patrimoine économique, culturel et social est ainsi maintenu grâce aux entreprises et industries textiles de plusieurs régions. Les partenaires du projet proviennent de musées, de bibliothèques, de galeries d’art contemporain, d’établissements d’enseignement supérieur et d’organisations culturelles qui s’intéressent également à l’environnement et à l’intégration sociale.

En faisant appel aux objets et au savoir-faire d’autrefois, ils enrichissent l’histoire de la guède et explorent son potentiel en tant que source de créativité et de maintien commun du patrimoine.

Le pastel des teinturiers appelé « waide » et aussi « guède » était une plante disponible en Europe jusqu’à la fin du XVIe siècle, avant le développement des routes commerciales vers l’Extrême-Orient et l’arrivée de l’INDIGO. À l’époque médiévale, les centres de culture du pastel se situaient dans le sud de l’Angleterre et en France, notamment dans la Somme où la guède est toujours produite.

Pour résumer, le projet consiste à retracer les multiples facettes de la « waide », son impact environnemental et son utilisation textile, en passant par l’analyse de l’émotion véhiculée par le BLEU.

Résumé de la conférence intitulée « Le Bleu », prononcée par Annie Mollard-Desfour, le 28 novembre 2013

http://www.blue-waide.eu/fr/dossier-de-presse/

http://www.blue-waide.eu/fr/le-projet/

Rudolf Steiner nous enseigne à «lire» le phénomène de la couleur dont les principes sont étroitement liés à ses théories philosophiques, spirituelles, anthroposophiques qu’il a décrites dans plusieurs conférences et articles.

Sa théorie contribue rapidement à une nouvelle culture de l’action artistique. L’eurythmie, l’attention à la nature et à sa morphologie, l’utilisation de la couleur et les expériences spirituelles de l’anthroposophie ont influencé plusieurs artistes européens de l’entre-deux-guerres.

Dans un exposé, Steiner analyse séparément les couleurs, soit le vert, couleur du manteau végétal qui recouvre la terre, la fleur-de-pêcher, couleur de la carnation humaine, le blanc, se rapportant à la lumière, et le noir, charbon représentant la matérialisation.

« Chacune de ces quatre couleurs n’est nullement réelle, mais uniquement image, dit-il. Le BLEU n’a pas une surface uniformément colorée ». Il ajoute ceci: « Le BLEU s’amasse et se concentre, pour former une sorte de digue autour d’un BLEU plus clair. C’est alors qu’il se révèle dans sa nature proprement originelle ».

Datation: Ces notes se fondent essentiellement sur trois conférences de Rudolf Steiner qui traitent du phénomène de la couleur. Il les a tenues en mai 1921 à Dornach, près de Bâle.

http://www.colorsystem.com

STEINER, Rudolf. Le Goetheanum – Un langage des formes, La conception du Goetheanum, Éditions Anthroposophiques Romandes, Dornach, 1986, ISBN : 2-881189-011-3

  

Quelques significations du BLEU

Vous devinez que le BLEU est une couleur étroitement associée au rêve. Au sens propre et figuré, cette couleur omniprésente est aussi l’écho de la vie, du voyage et des découvertes. Comme l’eau désaltère, le BLEU, symbole de limpidité, a une touche rafraîchissante et pure qui incite au calme intérieur et à la méditation profonde. Cette couleur divine symbolise également la fidélité, la chasteté, la loyauté, la justice et la foi.

Le BLEU correspond au sol, cinquième note de musique. Dans le Tarot de Marseille, il est la couleur du plan spirituel, du pouvoir intemporel. Il exprime la stagnation, mais aussi la permanence des choses. À certains égards, il rappelle l’inconscient collectif.

Dans la théorie ésotérique des « sept rayons », le  Rayon BLEU  serait le rayon de l’archange Michaël.

Le BLEU guérisseur

Vous ai-je déjà parlé de Pierre Van Obberghen, auteur du Traité de couleur thérapie pratique?

Il dit du BLEU en général que « son utilisation ouvre les fenêtres des créations, aère et ventile les compositions et introduit dans l’espace chromatique, la légèreté nécessaire au développement d’un sentiment de fraîcheur ».

Les besoins essentiels associés à la couleur BLEU CIEL, ajoute-t-il, « sont les besoins de pouvoir respirer, d’avoir de l’air, de s’oxygéner, le besoin d’échange, de partage et de communication ». Par sa teinte, on traite les inflammations et les voies respiratoires supérieures car elle est associée au cinquième chakra, celui de la gorge.

Le BLEU OUTREMER, ce grand pacificateur de la palette de l’artiste, a l’art d’inspirer un profond sentiment de sérénité et de tranquillité. Sa nature fait qu’il apaise aisément les cœurs enflammés. Il tempère les plus fortes passions, ralentit les impatiences et adoucit les esprits agités. C’est une teinte intravertie qui favorise le développement de la concentration et de la focalisation de l’esprit sur une tâche unique.

Les besoins essentiels associés au BLEU OUTREMER, cite Pierre Van Obberghen, sont « aussi les besoins de calme, de paix, de vigilance, d’introspection ». Par la chromothérapie, on peut traiter les troubles du cerveau limbique, centre du cerveau émotionnel, et stimuler les endorphines. La teinte OUTREMER est associée au sixième chakra, soit celui du troisième œil.

Puis, « le BLEU NUIT ou BLEU INDIGO entretient la connivence avec le monde nocturne qui le met en relation avec le sommeil profond », selon le chromothérapeute. Il soutient que « les besoins essentiels liés au BLEU NUIT sont les besoins d’intégration, d’abstraction, d’unité, d’harmonie, d’appartenance familiale, sociale et communautaire ».

Pierre Van Obberghen associe cette teinte au chakra situé au haut du front, juste au-dessus du troisième œil et elle fait le lien entre le troisième œil et le chakra de la couronne. Elle participe au processus de synchronisation des hémisphères cérébraux. Ses propriétés thérapeutiques majeures agissent en particulier au niveau psychique comme sédatif, calmant et dispersant.

VAN OBBERGHEN, Pierre. Traité de couleur thérapie pratique, Guy Trédaniel, éditeur 2007,ISBN: 978-2-84445-754-7

Ainsi s’achèvent les trois articles portant sur des couleurs que j’apprivoise de plus en plus.

« La couleur est un peu comme la musique. Elle est mystérieuse, résonante et magique. Elle nous invite à faire un merveilleux voyage au plus profond de nous-mêmes. Elle nous emmène au cœur du mystère de l’existence.

La lumière et les couleurs révèlent nos zones d’ombre et de clarté. Elles mettent en évidence notre vécu de dualité. En jouant avec les complémentarités chromatiques, nous jouons avec les complémentarités symboliques. Cela nous permet de découvrir, entre les deux polarités, un lieu paisible de non-dualité qui est comparable à la transparence. »

Extrait tiré du Traité de couleur thérapie pratique de Pierre Van Obberghen, page 6.

Je vous quitte sur une note plus légère, un vieux dicton dont on n’a pas encore trouvé l’auteur:

« Les yeux BLEUS vont aux cieux, les yeux gris au paradis, les yeux verts en enfer, les yeux noirs au purgatoire».

su_2014

SÜ (suzanne fortin), artiste et rédactrice pour NECT’ART

www.fortinsuzanne.com

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