Toutes les couleurs de Joan Miró – NECT’ART – Août 2014

Toutes les couleurs de Joan Miró

    

La ferme – Miró
On reconnait les toiles de Joan Miró par leurs couleurs vives et leur côté presque enfantin. Pourtant, le peintre espagnol n’a pas toujours été guidé par cette douce liberté.

Dès l’enfance, il démontre une attirance et un talent évident pour le dessin, il s’inscrit donc à l’École des beaux-arts de La Llotja, à Barcelone. Il s’avère toutefois difficile, au début des années 1900, de vivre de son art pour les jeunes artistes espagnols en raison de l’instabilité économique du pays. Dans ce contexte, le père de Miró l’oblige à s’inscrire à l’école de commerce de Barcelone à l’âge de 14 ans.

L’artiste refoulé devient comptable pour une grosse compagnie. Sans surprise, il est malheureux dans cette vie qu’on lui a imposée et sombre dans la dépression. En 1912, vu l’état de santé dans lequel il se trouve, son père accepte de l’inscrire à l’académie d’art de Francesc Gali.

Influencé par le fauvisme et le cubisme, le jeune peintre développe son propre style. Pour lui, le véritable art ne consiste pas à reproduire la nature, mais bien à l’interpréter à sa manière. L’Ermitage d’Horta démontre bien le style du peintre à ce moment de sa vie.

En 1920, Miró se rend à Paris où il se lie d’amitié avec Picasso. Après avoir exploité les portraits, les nus et les paysages, il revient aux natures mortes. Il peint également beaucoup de toiles qui rappellent le cubisme par leurs lignes droites et leur absence de perspective, telles que La pipe et la fleur rouge.

Pendant la guerre civile qui touche l’Espagne, de 1936 à 1939, Miró voyage beaucoup à Londres, en Belgique et même aux États-Unis, où il expose ses œuvres. Puis, l’artiste tourne définitivement la page sur la peinture réaliste avec sa plus célèbre toile : La ferme, représentant la vie en Espagne.

À partir des années 1930, il manifeste clairement son refus de suivre les méthodes conventionnelles et son désir de peindre avec légèreté. Un an après la mort de sa mère, vers 1945, l’art de Miró prend forme de quatre nouvelles manières; par la gravure, la céramique, le modelage et la sculpture.

Miró meurt à 90 ans après une longue carrière pendant laquelle il a brisé de nombreuses barrières artistiques et marqué le monde entier. Une fondation a d’ailleurs été créée en son honneur, la Fondation Joan Miró. Elle a pour but de conserver et de faire briller son œuvre, mais elle offre aussi un lieu tout désigné pour la création expérimentale.

 

Par Joannie Roberge

Rédactrice

joannie_roberge@hotmail.com

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