RÉFLEXIONS SUR LA PSYCHOLOGIE DE L’ART DÉVELOPPER SA CRÉATIVITÉ : L’ART DE TROUVER UN NOUVEAU CADRE…

RÉFLEXIONS SUR LA PSYCHOLOGIE DE L’ART

DÉVELOPPER SA CRÉATIVITÉ : L’ART DE TROUVER UN NOUVEAU CADRE…

La première réponse de l’être humain, lorsqu’il doit faire face à un problème de quelque nature qu’il soit, est d’appliquer une technique qu’il connaît déjà et qui a fait ses preuves. Mais lorsque cette technique l’amène à un échec, il a spontanément tendance à penser qu’il ne l’avait pas appliquée avec assez d’énergie. Et fort courageusement, il se remet à la tâche en utilisant avec de plus en plus de force sa merveilleuse technique, celle-là même qui s’était avérée inefficace dès le premier essai. C’est ainsi qu’il continue, sans plus de résultat, et parfois jusqu’à l’épuisement, à faire, selon la formule consacrée de Watzlawick[1], « plus de la même chose ».

Il arrive parfois que l’artiste doive affronter cette anxiété que lui cause le grand trou noir de la panne de créativité. Ce qu’on pourrait appeler, pour le peintre, l’angoisse de la toile blanche… Et, dans ce cas, il s’agit de se retenir justement de faire « plus de la même chose ». Comment? En utilisant la technique du recadrage qui peut permettre de renouer avec sa créativité. Techniquement, le recadrage consiste à modifier le contexte conceptuel ou émotionnel d’une situation en la plaçant dans un autre cadre qui correspond mieux aux données de cette situation concrète dont le sens change alors complètement. Plus simplement, ce qu’on modifie en recardant, c’est la signification qu’on accorde à la situation, pas à ses éléments concrets.

La voie royale vers le recadrage s’appelle en anglais « brainstorming », expression traduite de manière fort élégante en français par « remue-méninges ». Cette technique de remue-méninges, mise au point au milieu du siècle dernier, et traditionnellement pratiquée en groupe, peut très bien être utilisée de manière individuelle. En voici la recette :

  1. Définir le problème à résoudre et inscrire cette définition au haut d’une feuille de papier.
  2. Inscrire sous la définition le plus grand nombre d’idées susceptibles de résoudre le problème.
  3. Choisir l’idée qui semble la plus efficace.

Le travail de recadrage (et par conséquent de créativité) intervient à la deuxième étape. Il s’agit ici de s’abstenir de juger ou d’évaluer les idées qui nous viennent en tête. À ce stade du travail, toutes les idées, même celles qui nous semblent les plus farfelues, les plus irréalistes, les plus absurdes (et peut-être surtout celles-là!) sont porteuses de sens et doivent être exprimées par écrit. Ce n’est que lors de la troisième étape qu’il faut revenir sur terre et choisir l’idée qui nous semble à la fois la plus originale et la plus réaliste. En fait, l’idée originale est un monstre, mais nous pouvons l’apprivoiser.

Et je me permets en terminant de vous offrir deux citations « recadrantes ». La première, de William Shakespeare qui nous dit : « Rien n’est en soi bon ou mauvais; tout dépend de ce qu’on en pense. », et cette autre, que son auteur, mon père, Gabriel, nous récitait souvent en rigolant : «Tout dépend du point de vue où l’on se place et de l’opinion que l’on en a par rapport aux idées que l’on s’en fait…»

[1] Paul Watzalwick (1921-2007), psychologue de l’école de Palo-Alto a développé la technique de la thérapie brève et publié de nombreux volumes dont Faites vous-même votre malheur et Comment réussir à échouer.

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Henri Martin-Laval,

Psychologue et artiste graphique

Rédacteur pour NECT’ART

http://henriml.com/

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