RÉFLEXIONS SUR LA PSYCHOLOGIE DE L’ART – DES GOÛTS ET DES COULEURS… – CHRONIQU’ART – Avril 2016

RÉFLEXIONS SUR LA PSYCHOLOGIE DE L’ART

DES GOÛTS ET DES COULEURS…

Des goûts et des couleurs on ne dispute point. Cet aphorisme qui exprime clairement la multiplicité des réalités sensorielles que les humains sont capables de percevoir et d’apprécier est également remarquable par l’harmonie qu’il propose dans nos relations interpersonnelles. En effet, si on accepte de laisser chacun libre de ses goûts, de ne pas tenter d’imposer à l’autre une interprétation de la réalité qui n’est pas la sienne, on ouvre toute grande la porte à la bonne entente, à la sympathie entre les humains. Et l’inverse est vrai… Les désaccords les plus violents, les plus dévastateurs ne sont-ils pas toujours issus de la confrontation de goûts, d’envies, de points de vue différents qui s’opposent de manière plus ou moins agressive?

Et lorsqu’on y réfléchit un tant soit peu, toute tentative, et à plus forte raison, toute entreprise destinée à amener l’autre à aimer ce qu’on aime est intrinsèquement vouée à l’échec. D’abord parce que les goûts de chacun sont déterminés par toute l’expérience de vie qu’une personne a pu acquérir. Et ensuite, et peut-être surtout, parce que si cette entreprise réussissait, tous les humains seraient des clones, tous aimeraient les mêmes choses et détesteraient les mêmes choses… Quelle platitude ce serait!

Il est logiquement impossible de penser qu’on puisse amener l’autre à aimer ce qu’on aime s’il ne l’aime pas. Et pourquoi donc? Tout simplement parce que ni vous ni moi ne sommes la même personne que nous étions ce matin quand nous nous sommes levés. L’être humain est une réalité en constante évolution. Chaque expérience de sa vie l’amène à changer, à se développer, à progresser, et ce mouvement s’effectue sans cesse, que les expériences de vie en question soient extérieures à la personne ou qu’elles viennent de son for intérieur. À l’origine, chez le tout petit enfant, que dis-je, chez le fœtus lui-même, les goûts se développent en fonction des expériences sensorielles que nous éprouvons et qui sont interprétées comme agréables ou moins agréables. Les sensations proprioceptives, les sons, puis, peu à peu, les odeurs, les stimulations gustatives et visuelles et toutes nos perceptions se développent en fonction de l’attirance ou de la répulsion que chaque expérience de vie éveille en nous. Qui plus est, une fois que ce processus est mis en branle par ce qu’on nomme si poétiquement la «venue au monde» de l’enfant, les interactions entre toutes les modalités sensorielles et l’interprétation que nous en faisons font évoluer de manière exponentielle notre capacité à développer des goûts de plus en plus personnels. Bien sûr, il est possible de suggérer à quelqu’un d’explorer certains aspects de la réalité qui lui sont rébarbatifs, de goûter des fruits de mer, d’écouter de la musique classique ou de regarder de l’art figuratif, mais il n’est pas possible de persuader par la logique cette personne que ce qu’elle goûte, écoute ou regarde lui plaît ou non. Cette attirance, si elle doit se développer, ne peut se faire que par l’expérience que la personne aura de réalités nouvelles pour elle et parmi lesquelles elle saura choisir ce qui lui correspond le mieux.

Henri Martin-Laval,

Psychologue et artiste graphique

http://henriml.com/

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Henri Martin-Laval,

Psychologue et artiste graphique

http://henriml.com/

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