LA CRÉATION ARTISTIQUE : UNE EXPÉRIENCE SENSIBLE | CHRONIQU’ART – JUIN 2015

LA CRÉATION ARTISTIQUE : UNE EXPÉRIENCE SENSIBLE

Créer est chez l’artiste une nécessité. Sa relation au monde qui l’entoure est source d’inspiration. Pour ma part, je considère l’art comme une expérience où le plaisir et les sens de l’artiste sont au premier plan dans le processus. Cette expérience se vit dans l’instant présent. Si, dans ma démarche, j’interroge l’intime et l’invisible, d’autres questionneront le rapport de certains éléments de l’œuvre ou encore chercheront à repousser les limites établies. Autant de démarches que d’artistes.

Pour le philosophe américain John Dewey (1859-1952), l’art est une expérience sensible qui ne se résume pas uniquement à reproduire à l’aide d’une technique ce qui est perçu. Il nous dit dans son livre, L’art comme expérience, que « Pour acquérir une dimension proprement artistique, le savoir-faire, doit se conjuguer à de « l’amour » ; le talent doit s’accompagner d’une profonde affection pour le sujet sur lequel il s’exerce. […] L’action ou la fabrication est artistique lorsque la nature du résultat démontre que ses qualités, en tant que qualités perçues, ont guidé la question de la production. [1] » L’artiste lui-même est spectateur de son travail. Il écoute l’indice de plaisir lors de la progression de son travail.

« L’artiste façonne et reprend ce qu’il a façonné jusqu’à être satisfait de ce qu’il a fait sur le plan de la perception. Le processus de fabrication prend fin quand le résultat est vécu comme satisfaisant […] Un artiste se distingue d’autres artistes lorsqu’il a non seulement des dons particuliers dans le domaine de l’exécution, mais également lorsqu’il s’avère doué d’une sensibilité exceptionnelle aux qualités des choses. [2] »

À la suite des conditions industrielles de son époque, Dewey remarque un «individualisme» esthétique particulier[3] chez les artistes. De nos jours, comme le dit l’historien de l’art Richard Cork, « l’art n’est plus dominé par des mouvements avant-gardistes militant afin de s’imposer à tout prix. […] la plupart des artistes préfèrent travailler seuls plutôt qu’au sein de groupes. […] Dans les premières années du XXIe siècle, le discours s’est focalisé sur l’individu[4] ». L’art et l’activité artistique sont-ils davantage considérés par les artistes contemporains comme une expérience sensible, personnelle? Chose certaine, « Les manifestes collectifs tonitruants sont rares de nos jours et il est devenu difficile de faire une distinction entre les nombreux «-ismes ». Les artistes ne se soucient plus de dicter le cours de l’innovation artistique. [5]»

[1] DEWEY, John. L’art comme expérience, Paris, Gallimard, 2010, p. 72

[2] Ibid., p.74

[3] Ibid., p.29

[4] BONHAM-CATER Charlotte, HODGE David. Le grand livre de L’art contemporain, Canada, Éditions Hurtubise, 2009, p.6

[5] Ibid, p.6

Annie Gauthier

annie_gauthier_2014

www.anniegauthier.net

www.anniegauthierart.wordpress.com

 

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